Lumière sur les 5 blessures de l'âme

Dernière mise à jour : 5 juil.



"Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un et l'autre."

Marc Aurèle


Qu'est-ce que les blessures de l'âme?


Toute notre vie nous sommes et seront confrontés à des blessures émotionnelles, appelées aussi "blessures de l'existence". On parle aussi de blessures fondamentales de l'âme quand ces blessures sont profondes et traumatisantes et leur empreinte laisse une trace. Impactant de manière inconsciente les liens d’attachement, les émotions, les comportements, les relations à soi et aux autres, ces blessures montrent également les attentes que l'on a envers les autres et de manière plus subtile, les attentes que les autres ont envers nous-même.


Les blessures de l'âme traduisent de façon inconsciente les peurs, les angoisses, les schémas d'action, les comportements, l'éducation que l'on a pu hériter de nos parents. Transmises inconsciemment, ces blessures voyagent à travers les générations comme un héritage donné. Elles sont ancrées dans l'inconscient familial et se transmettent dans l'obscurité comme un cadeau empoisonné. Impactant l'estime de soi, la confiance, les pensées, les émotions, les relations sociales et affectives, les blessures de l'âme révèlent nos ombres.


Pour parer à la souffrance occasionnée par l'éveil de ces blessures, l'égo propose de porter des masques comme des couches superposées pour se protéger et ne pas souffrir. Ces mécanismes de défense permettent de grandir et d'évoluer. Ces masques inconscients ne permettent pas la mise en lumière des blessures, au contraire ils nourrissent la blessure plutôt que la soigner. Une prise de conscience de ses blessures est d'abord nécessaire pour ensuite la mettre en lumière et la remercier d'avoir été présente.


Et si les blessures étaient là pour faire grandir? Et si les elles servaient à mettre en lumière ce que nous avons à guérir? Ces blessures sont en effet fondamentales pour permettre la construction de la personnalité. Elles font parties de l'expérience de vie et de l'incarnation. Ces blessures facettent les mécanismes de pensées et d'action, les comportements et relations à soi et à l'autre.


Nous passons les quarante premières années de notre vie à porter des masques, puis les quarante prochaines années à les enlever! Plutôt que vouloir ôter ces masques associés, il me semble intéressant de chercher l'expérience fondamentale associée à ces blessures.


Comment identifier les blessures de l'âme?


Tout au long de notre vie, nous sommes confrontés à des événements, des personnes qui sont là pour nous faire évoluer. Ces personnes ne sont que le miroir de notre propre psyché. Nous avons tous des blessures émotionnelles. Nous avons le choix de les laisser dans l'ombre ou bien de s'en occuper pour les faire grandir avec soi.


Lise Bourbeau dans son livre "Les 5 blessures qui empêchent d'être soi-même" décrit précisément ces 5 blessures en s'appuyant sur les travaux du psychiatre américain John Pierrakos. Elle propose de les comprendre pour les guérir et permettre d'évoluer vers une meilleure connaissance de soi, des autres et du monde. Ces 5 blessures sont :

  • le rejet

  • l'abandon

  • l’humiliation

  • la trahison

  • l'injustice.


Nous possédons tous des blessures. Ces blessures émotionnelles sont là pour nous faire grandir. Elles peuvent nous conduire vers les profondeurs du mal-être et parfois jusqu'à la dépression et ses noirceurs, que l'on appelle la nuit noire de l'âme. Nous possédons 3 ou 4 blessures fondamentales de l'âme.


Les blessures existentielles nous mènent vers la résilience et la sagesse, à condition de vouloir devenir la meilleure version de soi-même et d'accepter de plonger dans l'ombre.


S'occuper de ses blessures émotionnelles permet de mettre de la lumière là où ça fait mal pour apporter de l’acceptation dans toutes les parties de soi. Regarder ses blessures émotionnelles apporte une véritable compréhension de soi dans toutes ses dimensions pour transcender ce qui n'a plus lieu d'être, ce qui est obsolète et ainsi cheminer vers davantage de sérénité.


En revanche, s'il n'y a pas de conscience sur les blessures émotionnelles, si la personne ne reconnait pas ses blessures, il serait violent pour elle de la confronter à sa blessure. Il est important de respecter là où est la personne, de prendre en compte son parcours et son chemin.


Lumière sur les 5 blessures émotionnelles


La blessure de rejet


Considéré comme un sentiment éprouvé plutôt qu'une émotion, le rejet provient de la très petite enfance. Cette blessure se nourrit de la peur d'être mis de côté et entraîne un comportement de fuite pour éviter d'être rejeté.


Celui qui possède la blessure de rejet craint l'exclusion, il a peur de ne pas être aimé et accepté par l'autre. Cette blessure profonde est en lien directement avec l'êtreté et vient toucher, remettre en question le droit de vivre. La personne qui possède la blessure de rejet se sent rejetée dans son être, dans qui il est.


À quel âge

La blessure de rejet naît pendant la première année du bébé, de la conception à 1 an. L'enfant se sent rejeté par son parent du même sexe et va développer cette blessure liée au droit d'exister et de vivre.


Conséquences

La blessure de rejet impacte directement l'estime de soi. La personne portant cette blessure va se fabriquer le masque du fuyant, c'est-à-dire que pour éviter de revivre des situations de rejet, elle va préférer adopter la fuite plutôt que de se confronter à la blessure et souffrir.


La personne affectée par cette blessure est touchée inconsciemment dans son droit de vivre. Elle possède une faible estime d'elle-même, elle a tendance à se dévaloriser. Elle ne se reconnait pas comme unique. Elle a dû mal à accepter toutes les aspects de sa personne et ne se considère pas comme "aimable", digne d'être aimée.


La personne porteuse de la blessure de rejet va mettre en place inconsciemment des comportements et des schémas d'action pour se faire rejeté et ainsi rejeté les autres.

La personne peut se couper des autres sur le plan relationnel et se sentir seule dans sa vie.


Au quotidien

La personne possédant la blessure de rejet éprouve la peur de paniquer, la peur d'être considérée comme inintéressante, la peur d'être quelconque et sans valeur.


La blessure d'abandon


Considéré comme un ressenti plutôt qu'une émotion, l'abandon se caractérise par une insécurité affective liée à une carence dans le lien d'attachement. Cette blessure n'induit pas forcément un abandon à proprement parlé. Elle peut apparaître à la suite d'une séparation des parents, l'arrivée d'un autre enfant dans la fratrie ou l'attitude d'un parent distant ou froid.


La blessure d'abandon est relativement fréquente. Elle survient pendant l'enfance et est en lien avec le parent de sexe opposé. L'enfant ressent de l'insécurité à la suite d'un lien d'attachement insécure ou ambivalent. Il peut souffrir de carences affectives, d'un manque d'amour, d'attention ou d'affection ou de l'incapacité du parent de sexe opposé à exprimer ses émotions.


À quel âge

L'enfant développe la blessure d'abandon environ de 0 à 3 ans. A la suite d'un lien d'attachement fragile ou inexistant, l'enfant ressent une grande insécurité intérieure. Cette blessure se manifeste par la peur d'être séparé de sa famille ou la crainte de la solitude.


Conséquences

Les personnes souffrant de la blessure d'abandon adoptent un comportement de dépendant pour éviter d'être à nouveau confronté à cette blessure. La personne qui porte cette blessure va se fabriquer le masque du dépendant. Son comportement est dicté par sa peur d'être abandonné, de se retrouver seul.


La personne va devenir dépendante pour éviter que cette blessure ne se manifeste. Elle crée des relations fusionnelles avec les autres. Elle va fusionner avec les sentiments et les émotions des autres. Elle ne se positionne pas pour ne pas susciter le désamour des autres. Elle peut porter le syndrome du caméléon, c'est-à-dire qu'elle s'adapte à son environnement pour pouvoir passer partout. Elle ne connaît pas ses limites et souffre de dépendance affective.

Elle va se focaliser sur les autres. Elle n'écoute pas ses besoins car elle fait passer ceux des autres avant les siens.


Au quotidien

Celui qui souffre de la blessure d'abandon possède une faible estime de lui-même. Sa confiance en lui est altérée. Il n'est pas conscient d'être unique. Pour combler l'amour qu'il ne possède pas envers lui-même, il se tourne vers les autres. Son important besoin de reconnaissance et de soutien peuvent le conduire à se positionner en victime pour attirer l'attention sur lui. Son immense besoin d'amour peut l'amener à ne pas se considérer comme digne d'être aimé, comme "aimable" et ainsi créer des répétitions de scénarios de vie.

Son masque de dépendant peut l’amener à des conduites addictives avec la nourriture, l'alcool, les stupéfiants, les jeux ou le sexe.


La blessure d'humiliation


La blessure d'humiliation s'installe à la suite d’événements traumatisants et humiliants. Cette blessure apparaît lorsque la figure d'attachement (généralement la mère) se montre contrôlante et humiliante. Cette blessure touche la personne dans son êtreté, dans son essence profonde. La personne touchée par cette blessure subit du rabaissement répétitif, un dénigrement et de la violence psychologique comme de la manipulation, qui peut aller jusqu'à la violence physique.


Celui qui porte la blessure d'humiliation se sent humilié, rabaissé et dénigré. Cette blessure d'humiliation porte atteinte à l'estime de soi avec une altérité de sa capacité à être aimé, à se considérer comme "aimable". La personne ne va pas se reconnaître le droit de vivre. La confiance en soi est également altérée. Elle va se sentir sale, dénigrée, honteuse, sentiments qui peuvent aller jusqu'à la culpabilité.


À quel âge

Dans la petite enfance, entre 0 et 3 ans, l'enfant va ressentir un fort sentiment de culpabilité face à des situations de violences comme les insultes, les situations humiliantes. Il va perdre confiance en lui et va développer des peurs et des angoisses intérieures. La blessure d'humiliation apparaît et se développe pendant cette période.


Conséquences

Le sentiment de honte et de dégoût survient à la suite de cette blessure. La personne se sent honteuse et mal à l'aise. Elle subit une altération de sa dignité et de son amour-propre qui mènent vers une diminution de sa confiance en elle. Elle va avoir tendance à se comparer aux autres et ne va pas croire en ses capacités d'apprentissage.


Celui qui porte la blessure d’humiliation va se fabriquer le masque du l’auto-saboteur pour éviter de souffrir. Ce mécanisme de défense lui permet inconsciemment de rechercher la douleur et l'humiliation. La personne va alors revivre sa blessure jusqu'à ce qu'elle en prenne conscience et décide de s'en occuper.


Au quotidien

Celui qui porte la blessure d'humiliation se sent inférieur aux autres, il se compare sans cesse et se trouve sans valeur ni qualité. Pour se rassurer, il va se tourner vers les autres en faisant passer leurs besoins avant les siens. Il va se rendre très disponible et utile envers les autres quitte à s'oublier lui-même.


Pour éviter de souffrir à nouveau d'humiliation, la personne souffrant de la blessure d'humiliation va s'humilier lui-même en utilisant l'humour. Elle anticipe la souffrance en se moquant d'elle-même pour éviter que les autres l'humilient et activent ainsi sa blessure.


Le masque porté par celui qui souffre de la blessure d'humiliation cache souvent une grande sensibilité. Il peut se montrer très susceptible face aux remarques et aux critiques qu'il considère comme de l'humiliation. Sa vie affective et sexuelle peuvent être affectées par ses sentiments de honte et culpabilité. Il n'écoute pas ses besoins et ne se connecte pas à ses ressentis.


La blessure de trahison


Souffrance liée à la peur d'être manipulé, trahi ou trompé, la blessure de trahison parle de souffrances liées au parent du sexe opposé qui ne tient pas ses promesses, qui manipule ou qui montre des signes de faiblesse. Celui qui porte cette blessure a du mal à faire confiance à l'autre car il ressent un manque de confiance en lui. Il ne se sent pas soutenu et accompagné pour grandir sereinement.


À quel âge

C'est entre 2 et 4 ans que la blessure de trahison apparaît pendant la période où l'énergie sexuelle de l'enfant se développe. Elle est liée aux carences du parent opposé qui manipule, ment ou trahit sa parole. L'enfant va se sentir déçu et trompé. Ce comportement dysfonctionnant du parent ne va pas aider l'enfant à réaliser plus tard son complexe d’œdipe, nécessaire à sa construction identitaire.


Conséquences

Celui qui possède la blessure de trahison va ressentir une grande déception et une profonde souffrance liée à cette trahison. Il va développer le masque du contrôlant pour éviter de se confronter à cette souffrance. Il a tendance à imposer ses pensées et sa volonté. Il va chercher à contrôler l'autre en cherchant à l'écraser. Il va se couper de ses ressentis et de ses émotions pour se focaliser sur le corps mental, laissant de côté son cœur et sa conscience.


Au quotidien

La personne qui souffre de la blessure de trahison se montre très contrôlante. Elle a besoin d'avoir le contrôle sur sa vie et sur celle des autres. Ce mécanisme de défense lui permet d'éviter de perdre le contrôle et de se confronter à sa blessure de trahison.


Possédant une forte personnalité, celui qui possède la blessure de trahison aime diriger et mener les opérations. Il a le sentiment que tout doit être sous contrôle pour que sa vie soit réussit. Ses angoisses et ses peurs sont mises sous une cloche pour ne pas être en contact avec ses blessures. La personne qui possède cette blessure devient hypercontrôlante et se laisse happer par son besoin de tout contrôler qui peut la conduire jusqu'au burn-out.


La blessure d'injustice


Blessure pas un peu fourre-tout, la blessure d'injustice apparaît lorsque le parent du même sexe n'exprime pas ses émotions, les refoule et se montre distant et froid. L'enfant ressent cette incapacité de communication et d'expression de son parent et le vit comme une injustice. Il ne se sent pas regardé et apprécié, il va développer un sentiment d'injustice car il ne reçoit pas ce dont il a besoin ou au contraire, il reçoit plus. L'enfant va ressentir une obligation à être parfait et performant vis-à-vis du parent du même sexe.


À quel âge

C'est entre 4 et 6 ans que la blessure d'injustice se développe. Elle prend racine sur des peurs et des angoisses infantiles. La froideur et la rigidité du parent du même sexe ne va pas permettre à l'enfant d'être lui-même et développer son processus d'individuation.

L'enfant va intégrer que montrer sa sensibilité aux autres est dangereux.


Conséquences

Pour se protéger de la souffrance engendrée par la blessure d'injustice, la personne va porter le masque du rigide. Elle va devenir la plus parfaite possible en se challengeant beaucoup. Elle se montre perfectionniste pour accéder à la perfection. Elle s'enferme dans sa rigidité pour ne pas perdre le contrôle et se montrer imparfaite aux yeux des autres. Elle a très peur de se tromper et se montre intransigeant face à l'échec.


Au quotidien

De nature très sensible, celui qui porte la blessure d'injustice ne montre pas de signes de faiblesse ou de vulnérabilité devant les autres. Il a donc tendance à se couper de ses ressentis et de ses émotions en pensant que les autres ne verront ainsi pas sa vulnérabilité. Elle croit que son masque la protège de sa sensibilité. Elle ne montre pas sa sensibilité aux autres car elle ne sait pas gérer son émotivité.


Poser ses limites et les respecter est difficile pour la personne possédant la blessure d'injustice. Elle ne marche pas sa parole, elle dit ce qu'il faut faire mais ne l'applique pas pour elle. Elle a tendance à ne pas respecter son corps en n'étant pas à son écoute. Elle est dans la performance et dans le faire et l'action.


Souvent dynamique et actif, celui qui souffre de la blessure d'injustice se montre très exigent envers lui-même et les autres. Il recherche la justice et la justesse et se révèle très injuste et rigide envers lui-même et donc les autres. Il croit que ses actes sont toujours justifiés et justes. Recevoir et donner de l'amour peut être difficile pour lui.


157 vues