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Olivia Guillet Thérapeute Auray
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le stress post-traumatique

2 oct.
6 min de lecture

Comprendre ce qui se passe dans le cerveau et le sytème nerveux après un évènement traumatique


Comprendre les réactions du système nerveux face au traumatisme
Comprendre les réactions du système nerveux face au traumatisme

Pourquoi le corps peut-il se paralyser lors d’une agression?


Face à une agression, nous imaginons souvent que le réflexe naturel est de fuir ou de se défendre. Pourtant, certaines personnes restent immobiles, incapables de crier, de bouger ou de réagir. Cette réponse, souvent incomprise, est une réaction involontaire du système nerveux face à une menace.


Comprendre ces mécanismes permet de mieux appréhender les réactions du corps face à un événement traumatique, mais aussi les répercussions possibles sur l'équilibre émotionnel et le fonctionnement du système nerveux.


Le cerveau face au danger : une priorité donnée à la survie


Notre cerveau évalue en permanence les informations provenant de notre environnement. Lorsqu'il détecte une menace, il peut déclencher très rapidement des mécanismes automatiques de défense, sans attendre une analyse consciente de la situation.


L'amygdale, une structure cérébrale impliquée dans le traitement de la peur et la détection des menaces, joue un rôle important dans cette réponse. Elle communique avec différentes régions du cerveau, notamment l'hypothalamus et la substance grise périaqueducale, qui participent à l'organisation des réactions défensives.


Le système nerveux sympathique s'active alors et entraîne la libération de substances telles que l'adrénaline et la noradrénaline. Le rythme cardiaque peut s'accélérer, la vigilance augmente et les muscles se préparent à l'action.

Mais le cerveau ne déclenche pas systématiquement une réponse de fuite ou de confrontation. Selon la nature de la menace et le contexte, il peut aussi produire une réaction d'immobilisation.


Les différentes réactions de survie


Face à un danger, le système nerveux peut mobiliser plusieurs réponses automatiques.

La lutte (fight)

La personne réagit en essayant de repousser la menace ou de se défendre. Cette réponse peut s'accompagner d'une augmentation de la tension musculaire, d'une accélération du rythme cardiaque et d'une mobilisation importante de l'énergie.


La fuite (flight)

Le corps se prépare à s'éloigner du danger. L'activation physiologique favorise la vigilance, la mobilisation musculaire et la disponibilité énergétique nécessaires à l'action.


Le figement (freezing)

Le figement correspond à une immobilisation temporaire face à une menace. La personne peut rester silencieuse, réduire ses mouvements et sembler immobile, tout en étant très attentive à son environnement.

Cette réponse peut permettre au cerveau de recueillir des informations sur le danger et de préparer une éventuelle action. Elle ne signifie pas nécessairement que la personne est incapable de bouger.


L'immobilité tonique (tonic immobility)

Dans certaines situations de menace extrême, notamment lorsque la personne perçoit qu'elle ne peut ni fuir ni lutter, une réaction plus profonde d'immobilité peut survenir.

La personne peut se retrouver dans l'incapacité involontaire de bouger, de parler ou de se défendre, parfois malgré une conscience intacte de ce qui se passe.

Cette réaction est particulièrement importante à comprendre dans le contexte des agressions sexuelles et des violences physiques.

Il ne s'agit ni d'un manque de volonté, ni d'un consentement, ni d'une décision consciente. C'est une réponse défensive automatique.


Quels mécanismes chimiques interviennent dans cette paralysie?


L'immobilité face à une menace ne dépend pas d'un seul neurotransmetteur. Elle résulte de l'interaction de plusieurs circuits cérébraux et systèmes neurochimiques.


  • La noradrénaline intervient dans la vigilance, l'attention et la réponse au stress. Son action dépend des circuits cérébraux sollicités et de l'intensité de la menace.

  • Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. Il participe à la modulation de l'activité neuronale, notamment dans les circuits impliqués dans la peur.

  • Les opioïdes endogènes, comme les endorphines et les enképhalines, participent à la modulation de la douleur et des réponses émotionnelles. Ils sont également étudiés dans les mécanismes d'immobilité tonique.

  • L'adrénaline et le cortisol participent à la réponse physiologique au stress. L'adrénaline agit rapidement, tandis que le cortisol contribue à la mobilisation énergétique et à l'adaptation au stress prolongé.


La substance grise, située dans le mésencéphale, joue également un rôle important dans l'organisation des comportements défensifs, dont le figement et certaines formes d'immobilité.


Ces mécanismes sont complexes et leur fonctionnement varie d'une personne à l'autre. Il n'existe pas de substance chimique unique qui provoquerait systématiquement une paralysie lors d'une agression.


Pourquoi certaines personnes restent-elles paralysées après une agression?


Une fois le danger écarté, le système nerveux peut retrouver progressivement son fonctionnement habituel. Cependant, chez certaines personnes, les conséquences physiologiques et psychologiques de l'événement peuvent persister.

Le cerveau peut continuer à interpréter certains stimuli comme des signes de danger, même lorsque la personne se trouve désormais dans un environnement sécurisé.


Cette persistance de l'alerte peut notamment se manifester par :

  • Une hypervigilance et une sensation permanente d'insécurité.

  • Des réactions de sursaut importantes.

  • Des difficultés d'endormissement ou des réveils nocturnes.

  • Une fatigue persistante et des difficultés de concentration.

  • Des tensions musculaires, des palpitations ou des troubles digestifs.

  • Des souvenirs intrusifs, des cauchemars ou des réactions émotionnelles intenses face à certains éléments associés à l'agression.

  • Des phénomènes de dissociation, comme une impression d'irréalité ou de détachement de son propre corps.


Ces manifestations ne sont pas systématiques. Chaque personne réagit différemment à un événement traumatique, en fonction de nombreux facteurs individuels et contextuels.


Lorsque ces symptômes persistent et affectent la vie quotidienne, ils peuvent notamment s'inscrire dans un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Un professionnel de santé qualifié peut alors réaliser une évaluation adaptée.


Le traumatisme et la mémoire : quand le passé semble encore présent


Lors d'un événement traumatique, les processus de mémorisation peuvent être perturbés par l'intensité du stress.

L'hippocampe, qui participe à la contextualisation des souvenirs, et l'amygdale, impliquée dans leur dimension émotionnelle, jouent des rôles complémentaires dans le traitement de l'expérience.


Dans certaines situations, le souvenir peut rester fortement associé à des sensations corporelles, des sons, des odeurs ou des impressions émotionnelles.

Une situation quotidienne qui rappelle, même de manière indirecte, certains éléments de l'agression peut alors réactiver une réponse de stress.


La personne peut ressentir une peur intense, une accélération cardiaque, une tension musculaire ou un sentiment de danger, sans toujours comprendre immédiatement ce qui a déclenché cette réaction.

Il ne s'agit pas simplement d'un souvenir que l'on pourrait décider d'oublier. Les réactions traumatiques mobilisent des processus émotionnels, cognitifs et physiologiques qui peuvent nécessiter un accompagnement adapté.


Peut-on aider le système nerveux à retrouver un sentiment de sécurité?


L'accompagnement d'une personne ayant vécu une agression nécessite avant tout de respecter son rythme, ses limites et son sentiment de sécurité.

Les approches psychothérapeutiques reconnues, notamment les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) centrées sur le traumatisme et l'EMDR, ainsi que l'hypnose thérapeutique (hypnose ericksonienne) peuvent être indiquées dans la prise en charge du trouble de stress post-traumatique.


L'objectif est notamment de réduire les symptômes, de travailler sur les souvenirs traumatiques et de permettre à la personne de retrouver progressivement une plus grande liberté dans son quotidien.


Des pratiques de stabilisation et de régulation émotionnelle peuvent également contribuer à mieux gérer certaines manifestations du stress, à condition d'être adaptées aux besoins de la personne.


Le rôle de la régulation du système nerveux


Au Centre Visio-Nerf, la Reprogrammation Neuro-Sensorielle® (RNS) s'inscrit dans une démarche d'accompagnement visant à travailler sur la régulation du système nerveux à travers des stimulations spécifiques et progressives.


Cette approche ne constitue pas un traitement médical du traumatisme ni un substitut aux psychothérapies validées pour le TSPT. Son éventuelle utilisation chez une personne ayant vécu une agression doit être envisagée avec prudence, en tenant compte de son état, de sa tolérance aux stimulations et de ses besoins.

La priorité reste de ne pas réactiver inutilement les réactions traumatiques et de préserver un cadre sécurisant.


Sortir de la culpabilité : une réaction de survie n'est jamais un choix


L'une des conséquences les plus douloureuses d'une agression peut être la culpabilité ressentie par la victime.

Certaines personnes se demandent pourquoi elles n'ont pas crié, fui ou tenté de se défendre. Elles peuvent interpréter leur immobilité comme une forme de passivité ou comme une incapacité personnelle à réagir.

Pourtant, les mécanismes de défense du cerveau sont largement automatiques. La personne ne choisit pas nécessairement sa réponse face à une menace, et l'immobilité peut constituer une réaction involontaire de survie.


Ne pas avoir résisté ne signifie jamais avoir consenti.

Comprendre les mécanismes neurobiologiques de ces réactions permet de déconstruire certaines idées reçues, de réduire la culpabilisation et de mieux accompagner les personnes concernées.


En conclusion


Lors d'une agression, le cerveau et le système nerveux mobilisent des mécanismes complexes pour faire face à une menace. La lutte et la fuite ne sont pas les seules réponses possibles : le figement et l'immobilité tonique font également partie des réactions défensives.


Après l'événement, le système nerveux peut parfois rester en état d'alerte, entraînant des répercussions émotionnelles, cognitives et corporelles.

Mieux comprendre ces mécanismes permet de porter un regard plus juste sur les réactions traumatiques et de reconnaître l'importance d'un accompagnement respectueux, progressif et adapté.


Le corps ne réagit pas toujours comme nous l'imaginons face au danger. Ses réactions ne sont pas des choix, mais peuvent être des mécanismes automatiques de survie.


Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis médical ou un accompagnement psychothérapeutique. En cas de traumatisme, un professionnel de santé formé à la prise en charge des psychotraumatismes pourra vous orienter vers un suivi adapté.

 
 
 

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